Romanée Conti

Les raisons du mythe

Romanée Conti

Romanée Conti la Tâche 1973 estimé à 4000 euros

Pour simplifier, la Romanée-Conti est le pendant bourguignon du bordelais Petrus. Néanmoins, son évocation revêt un mystère plus intense que le célèbre Pomerol.

En effet, encore plus rare que son reflet girondin, il est réservé à une élite qui peut se permettre de dépenser l’équivalent de plusieurs Smic pour 75 cl de légende de sa parcelle (« climat » en Bourgogne) éponyme. Si le domaine de la Romanée Conti possède 25 hectares qui produisent d’autres grands crus bourguignons, et la « Romanée » n’est écoulée qu’à 6000 exemplaires par an.

La genèse d’un mythe

La parcelle mythique de la Romanée Conti de 1,8 hectares est située sur la commune de Vosne Romanée accrochée à la célèbre Côte de Nuits au Nord de Beaune. C’est au XVème que les moines de Saint-Vivant fige les parcelles, qui ont aussi échappé au démembrement prévisible de la révolution française. Son nom est lui entouré de mystère. Pour Jean-François Bazin, écrivain et journaliste amoureux de ce vin, Romanée vient de Roménie, nom d’un ancien nectar.

Le prince Louis François de Bourbon-Conti qui l’acheta en 1760 compléta son patronyme. Depuis sa naissance, le domaine a connu de nombreux propriétaires qui auraient pu mettre en péril sa survie et son unité. Mais tous ont été follement passionnés par ces quelques pieds de vignes légendaires. Une légende qui a toutefois subit en 1945 les ravages de la maladie. Replantée entièrement, la production s’est arrêtée de 1946 à 1951.

Des difficultés financières ont aussi émayé un passé glorieux. Dans les années 60, l’une d’elles a permis à la famille De Vilaine de reprendre la propriété.

Le mythe Romanée-Conti aujourd’hui

« Aujourd’hui, Aubert de Vilaine, issu de la famille propriétaire, dit être « l’héritier d’un grand terroir ».

Même si la technologie et les améliorations des conditions de vinification sont apparues, la main et la tête de l’homme sont primordiaux. Comme on peut l’imaginer, l’étape du tri des raisins – on choisit raisin par raisin et non par grappe – est ultra-stratégique.

Même si son gérant assure que le vin est fait comme au XIVème, la technologie permet d’atteindre la plus-que-perfection. Par exemple, la maîtrise du froid accompagne la vinification.

Le mythe existe toujours et enfle même encore avec l’émergence de nouvelles grandes fortunes internationales. Romanée-Conti est une marque du luxe français qui s’exporte. On savait que les japonais en raffolaient, on apprend désormais que les russes aiment en avoir sur leurs tables ou dans les calles des yachts. On attend désormais que certains rappeurs s’en prennent une gorgée sur le bord d’une piscine… »

Et demain…

Le mythe n’est pas prêt de s’éteindre. Ses prix s’envolent en salle de marché et les riches deviennent de plus en plus riches. Il est à prévoir que les consommateurs français devront encore plus se battre pour acquérir la célèbre caisse de 12 bouteilles du domaine qui renferme 1 seule bouteille de la Romanée chaque année.

Difficile d’envisager un avenir pour un mythe vivant de son passé…pourtant Aubert de Vilaine a su retrouver les racines du domaine pour en faire un vin hors du temps. En développant d’autres grands crus proches, le domaine de la Romanée Conti est une réussite financière et est surtout redevenu l’emblème d’une région et l’ambassadeur d’un pays à travers le monde. »

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