Découverte et dégustation de cigares Cohiba

Cigare Cohiba Esplendidos

C’est la deuxième fois cette année que le comité déguste la marque COHIBA (Cohiba Sublimes EL 2004 dégusté en mars). Et c’est la seconde déception qu’elle nous inflige.
cigares cohiba
L’Esplendidos m’a fait penser à ce que furent les Jaguars. Telles les « grandes dames » de la route, cette vitole allie classe et prestige. C’est un cigare imposant. Il se ne trouve pas facilement à la vente dans toutes les civette. Sa cape mate à couleur colorado est élégante. On éprouve à l’avoir en main le plaisir non dissimulé d’un moment rare ; un peu comme lorsque l’on se glisse derrière le volant de la belle anglaise. Le module en présente d’ailleurs les douce effluves de cuir.

Mais telles ces remarquables voitures dans un passé pas si lointain, la fiabilité n’est pas au rendez-vous ! Certes, s’agit-il d’un module puissant et bien équilibré. L’exemplaire dégusté était dominé par une verdeur tirant vers la mousse de chêne vert et le poivre vert. L’onctuosité envoûte dans un premiers temps, de part la richesse des saveurs qui envahissent le palais. Mais la linéarité l’emporte rapidement sur le plaisir. Le manque de relief et de personnalité fait alors regretter son prix très élevé. On reste donc, avec une certaine frustration, sur le bas côté de ses espérances, comme lors des trop fréquentes pannes de la belle féline.

Passons (pour changer) au cigare Cohiba Siglo VI

Préambule : Cohiba est l’une des fabriques cubaines les plus haut de gammes et sa notoriété n’est plus à faire. Le prix élevé des vitoles augmente d’autant plus l’exigence des amateurs. Voyons si le ramage est à la hauteur du plumage.
cigare cohiba siglo VI
Etat de conservation : La forme est la spécialité du cigare cohiba. Très soigné, ce Canonazo est d’un bel aspect. Parfait coté humidification, la construction est excellente avec un remplissage très homogène. Doté d’une belle cape Colorado luisante, cette vitole dispose d’une réelle prestance. La qualité perçue est très satisfaisante.

Tirage à cru : Très facile. Arômes de cuir et d’écurie. Un début prometteur !

Allumage : Si la puissance est brute et immédiate, la richesse aromatique est quant à elle très limitée. Contrairement au tirage à cru, les notes herbacées (foin) dominent.

Dégustation : Durant 1er tiers, le minéral domine (poivre gris, poussière) avec des notes astringentes peu agréables. Puissant, le Siglo VI manque de persistance en bouche. Au 2nd tiers, l’animal prend un peu d’essor à côté du floral avec des notes de cuir. Ces arômes se maintiennent linéairement sur le dernier tiers sans grande ampleur ni évolution. A noter une légère touche de café brûlé en fin de combustion.

Commentaire général : En effet, ce cigare puissant manque foncièrement de variété et d’équilibre aromatique. Etant donné son prix, la sanction est immédiate. Il est toutefois important de noter que 2 membres sur 4 ont constatés un panel aromatique un peu plus large (poivre vert, café torréfié). Pour ma part, c’est une déception qui ne vient malheureusement pas redorer le blason d’une fabrique qui favorise trop souvent la forme au détriment du fond.

Il est quand même fou de voir que Cohiba est capable de créer le cigare le plus cher du monde.